La Petite Graine Verte

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{Réflexions} Faire face

A tous ceux qui se reconnaîtront, qui comprendront les maux qui se cachent derrière les mots. A tous ceux qui s’en sont sortis et ceux qui sont en chemin. A tous ceux qui ont réussi à transformer leurs blessures en force. Pour tous ces ados qui souffrent et qui comprendront un jour qu’ils ont les capacités à se remettre de tout.

 

Faire face et garder la face en toute circonstance.

Faire face, toujours. Se lever chaque jour.

Se relever des coups, se relever de tout.

Avancer, sourire, continuer de vivre.

Car quoi qu’il arrive elle est en vie et il doit bien y avoir une raison à cela.

Si la vie est encore là, c’est qu’elle le mérite après tout.

Pourquoi ? Dans quel but ? Elle ne sait pas trop.

Chaque jour se lever, affronter ses démons, faire face à son bourreau.

Se lever, résister, sans trop se poser de questions.

Etre dans l’action.

Chaque geste, chaque sourire est un combat. Chaque pas est une victoire.

Qui peut soupçonner toute cette souffrance dans ses yeux ?

Après tout, tout le monde fait face à ses propres démons, ses propres tourments.

Des histoires comme la sienne, on en entend parfois dans les media. Un mot au journal de 20h, une chronique à la radio, 3 lignes dans le journal du métro.

Pour divertir, pour rappeler que le mal existe. Pour rassurer aussi. Rassurer ceux qui trouvent leur vie misérable et qui se disent que, finalement, il y a pire ailleurs.

Mais elle, où se situe-t-elle ? Pourquoi son histoire à elle ne mérite-t-elle pas une page dans le journal ? Ce n’est peut-être pas si grave après tout. Peut-être est-ce parce qu’elle est encore en vie que ça n’intéresse personne.

Tout le monde a ses propres démons, particulièrement quand on est adolescent. Alors c’est normal, c’est juste la vie.

Elle se résigne. Elle est envie et c’est ce qui compte.

Elle est belle, souriante, alors personne ne s’inquiète.

Elle voudrait en parler, mais elle voit bien que ça fait peur. Ca fait fuir les autres et ça, elle ne peut pas se le permettre. Elle veut juste être acceptée, être comme les autres, se fondre dans la masse.

Pourtant, elle sent bien qu’elle est différente, une sorte d’inégalité de vécu.

Les adultes disent d’elle qu’elle est mure pour son âge. Elle déteste cette phrase qui ne veut rien dire.

Les autres ados la qualifient plutôt de « gamine ». C’est à n’y rien comprendre. D’ailleurs, elle aussi s’y perd, incapable d’avoir sa propre opinion d’elle-même.

Elle sent bien qu’elle est en décalage avec le monde. En parler ? Elle a déjà essayé. Même les adultes ont peur, peur des mots durs qui sortent de sa bouche. Et puis elle a bien compris qu’à son âge, sa parole n’a pas de grande valeur. Elle est doutée, soupçonnée.

Les ados, ce ne sont pas des personnes fiables aux yeux de la société. Juste des êtres en proie aux excès et au mensonge.

Alors que faire ? Faire face, se lever, s’habiller, sortir. Chaque jour. Sourire, vivre. Sans trop se poser de questions.

Subir pour oublier, enfouir pour ne jamais déterrer.

Elle doit sûrement le mériter après tout. C’est la conclusion qu’elle a fini par accepter.

Se résigner.

C’est peut-être ce qui fait la différence entre elle et les autres. Ils ont droit au bonheur, pas elle. Elle n’est pas digne d’être aimée, sûrement une question de karma. Ce n’est pas une assez bonne personne. Elle se doit de subir tout ça, fatalement, inexorablement. Un sorte de fatalité.

C’est la vie, c’était écrit.

Une fois devenue adulte, cette ado va mettre du temps à réaliser que tout ça n’était pas normal.

Que c’est son bourreau qui était malade, pas elle.

Qu’elle a le droit de vivre en paix. Qu’elle aussi a droit au bonheur.

Que tout ça est derrière elle et c’est ce vécu qui faut aujourd’hui sa force.

Elle s’en est sortie et c’est ça qui compte.

Elle s’est réveillée, elle s’est levée et elle a fait face. Elle a vaincu.

Cette ado c’est moi, c’est vous, c’est l’enfant qui regarde dans le vide, le garçon un peu trop exubérant qui masque son malaise en se faisant remarquer plus que nécessaire.

C’est cette fille colérique, c’est l’enfant toujours en retrait. C’est moi, c’est vous, c’est nous. Ce sont tous ces enfants qu’on a le devoir de protéger.

Derrière chaque sourire il y a un vécu, un traumatisme. On n’oublie jamais, on vit avec.

On en tire une force, ainsi que quelques faiblesses enfouies, dont on craint qu’elles se déterrent au moment où on s’y attend le moins.

Pourtant, tout cette souffrance pourrait être évitée.

Si on prenait le temps d’écouter. Ecouter les enfants, laisser s’exprimer les ados, soutenir les adultes.

Mais ces histoires font peur, elles stigmatisent, elles isolent, elles éloignent. Et pourtant, elles existent.

Alors que faire ? Faire face. Chaque jour. Se lever, s’habiller, sortir, sourire, vivre. En attendant de trouver une solution.

Car la lumière est toujours au bout du tunnel.

Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. C’est on ne peut plus vrai pour eux.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle elle s’est levée ce matin. Pour faire face, encore. Comme chaque jour depuis 10 ans.

1 Comment

  1. Très beau texte qui traduit très bien tes souffrances passées et présentes. Courage ! Tu as compris trop tôt que la vie n’était pas un long fleuve tranquille. Tu avances à grands pas maintenant et tu vas t’en sortir car tu as tout compris. La vie est un jeu, une aventure. Chaque difficulté te fait avancer et t’apprend quelque chose. C’est pour ça que tu as la fureur de vivre ! Courage ! Gros bisous

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